Le Clos des Anglais

Cette histoire commence arbitrairement en 1987. En remontant plus loin, on trouve l’histoire de l’étang de la Patte d’Oie, de ses pécheurs, du lavoir, et des liens tissés par la commune avec ce site essentiellement par de la location de terrains. On trouve aussi l’histoire “des Anglais” à partir du milieu du 19ème siècle. Mais ce sont deux autres histoires.

14 Mars 1987, le maire de Mennecy, Jean-Jacques Robert, informe le conseil municipal que la commune vient d’acquérir les terrains de la Patte d’Oie. Sur ces 3 hectares, dont 2 ha d’étangs, il y a le restaurant que nous connaissons aujourd’hui, mais beaucoup plus petit, le lavoir et la coulerie. Le projet consiste à aménager les abords de l’étang pour en faire un espace vert à vocation “détente et loisirs” dans le vocabulaire du 21ème siècle, d’aménager un hôtel de 60 chambres sur l’emplacement occupé aujourd’hui par l’EHPAD, de développer le restaurant et de construire, là où se trouve le théâtre aujourd’hui, un “palais des congrès”. La commune n’a acheté que le terrain de l’étang et du restaurant, un promoteur a investi dans le reste.

Dans “le reste”, il y a les terrains “des Anglais” entre la rue du Petit Mennecy et la rivière. Ce sont sur ces terrains que doit être construit un lotissement de 30 maisons et l’hôtel.

Le maire a expliqué son ambition pour ce site dans le journal municipal, en juillet 1985 d’abord, puis en juillet 1988.

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1987: un lotissement est alors dessiné. On l’appelle “Les Bas Prés“, le nom de la section du cadastre. Quelques documents:

Ce lotissement ne sera jamais réalisé, l’histoire diverge vers un scandale aujourd’hui soigneusement étouffé et dont les derniers miasmes se sont manifestés jusqu’en 2008 (ou 2009) avec une transaction conclue entre la commune et le promoteur pour éteindre une procédure que la ville allait perdre avec certitude.
Le permis de lotir n’a jamais été accordé, et il n’y a pas eu de taxe d’aménagement ou l’équivalent à payer par le promoteur.
Le projet d’hôtel s’est évanoui. Le restaurant n’a été revendu que dans les années 2000 pour être développé par un autre entrepreneur. Le palais des congrès a vécu sa propre histoire pour devenir le théâtre de Mennecy grâce essentiellement au soutien de la région via un contrat régional.

Notez que dans ce projet, même si le lotisssement des Bas Prés avait 30 lots comme celui du Clos des Anglais, ces lots étaient bien plus grands. Le projet recouvrait alors l’emprise actuelle du “Manoir des Anglais”

1989: Le permis de lotir du lotissement “Le Clos des Anglais” est accordé le 9 juin. Il est transféré, sans modification, à un nouveau promoteur, Denis Hamon, le 26 janvier 1990. Une crise immobilière est en train de sévir. Le projet initial, porté par 3 investisseurs pour 30 lots “clés en main” est invendable. Denis Hamon, qui a investi dans la viabilisation, est abandonné par les 2 autres investisseurs qui devaient construire les maisons. Le lotissement devient “constructeur libre”.
Notez, dans le permis de lotir accordé le 9 juin 1989 et toujours opposable aux tiers aujourd’hui, que la voirie sera cédée gratuitement à la commune (article 5)

L’aménagement du “manoir des Anglais” est devenue une opération indépendante.

Ce lotissement du Clos des Anglais doit contribuer au financement des équipements de la ville et c’est ce “palais des congrès” qui est désigné par le conseil municipal, le 25 janvier 1989. Un peu plus tard, alors que le scandale que j’évoquais plus haut débutait et que le projet de construction d’un lycée était en train de naître, la contribution du Clos des Anglais aux équipements de la ville est réorientée vers le terrain que la ville achète et donne à la région pour ce lycée. C’était le 24 octobre 1989.

Le lycée a ouvert en septembre 1991. Le terrain appartient bien à la région selon le cadastre. Mais, c’est une bonne image de la qualité de la comptabilité de la commune, ce terrain est toujours dans les actifs de la ville, pour sa valeur historique: 228.837,54€, ou encore 1.501.575 FF soit 50.000FF par lot du Clos des Anglais. Ce terrain ne figure pas non plus dans les actifs de la région.